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Thursday, September 3, 2009

Moi Je

Je pourrais faire un recit chronologique de ce qui s`est passe ces dernieres semaines, mais je ne prendrais pas vraiment de plaisir a resumer tout ca et puis je ne pense pas que ce soit vraiment interessant. De plus les photos suffisent, je pense, a se rendre compte qu`on est alle visiter une fabrique de soie et des potiers et ceramistes autour de Fergana. Tout ce que je peux dire sur ces dernieres semaines c`est que nos chemins avec Chim se sont definitivement separes a Tachkent. Pour donner un peu des nouvelles de l`ours des Pyrennees, il a completement revu ses projets, et a pris un vol Tachkent/Orumqi en Chine. Il compte rejoindre Hong Kong assez rapidement, puis prendre un autre avion pour les philipines, faire un peu de surf la bas avant de rentrer cet Hiver en France. Quand je l`ai vu en Ouzbekistan il allait super bien. Il semble avoir pris la bonne decision et qu`il en ait conscience. Ca fait bizarre maintenant de ne plus le savoir a cote...
Ensuite comme je tiens toujours a parler des gens qui nous ont acceuilli chez eux et bien voila, on a passe 5 nuits chez Yusuf a Fergana avec sa famille. C`etait assez etrange d`arriver chez lui parce que je me l`etais imagine avant le depart. Pour resumer, Adrien, qui avait voyage dans ces coins 2 ans auparavant avait ete accueilli chez Yusuf. Il avait vraiment sympathise avec lui. Il m`avait donne son contact, qui s`est deplace des "liens utiles" vers "liens amis". Comme j`ai passe beaucoup de soirees avant le depart a parler voyage avec Adrien, a apprecier le sien et a imaginer le mien, inevitablement je m`etais vu passer du temps chez Yusuf. Et tout ce que je peux dire de pas trop superflu c`est que c`est une des rares choses imaginees qui ne m`ait pas decu.
En fait il me semble que le voyage, outre le fait d`essayer de vivre l`instant present, c`est aussi un moyen de confronter ses reves et son imagination avec la realite. On croit beaucoup avant de partir, on s`imagine des tas de choses, parce qu`on va dans l`inconnu. Alors quand on a plus assez d`imagination on lit des bouquins qui l`alimentent. Mais la ou s`est trompeur, c`est que ces bouquins ne refletent jamais la realite du voyage. Car que l`on ecrive ou que l`on prenne des photos, c`est la meme chose. On embelli, on cadre, on choisi ce qu`on veut montrer sans tout englober. C`est normal et c`est humain. Meme les voyageurs qu`on rencontre te parlent de tel ou tel endroit qu`ils ont visite la semaine derniere avec des yeux brillants. Pourtant, et j`en suis certain maintenant, ils n`avaient pas le meme enthousiasme sur place. Et ils ne sont pas vaniteux pour autant. C`est juste un phenomene irresistible.
On a des reves et le voyage c`est les casser. C`est voir la realite en face, apprendre que ces pays dans les livres et dans les chansons, sont des pays imaginaires car passes par les philtres de la memoire et du format. Le monde est tout autre car pas romance, pas cadre. Non seulement tout ne tient pas dans un livre ou sur une photo, mais en plus on esthetise.
On voyage, et c`est la que c`est ironique, pour vivre au present et pourtant c`est a posteriori qu`on le goute vraiment dans toute son ampleur et sa variete. Un voyage ca se digere avec une bonne cigarette et avec les annees.
Je n`ais pas fini de manger et ca tombe bien car j`ai encore faim...

Clement









Fabrication de la soie a Qoqand



 




Boulangerie traditionnelle Ouzbeque:







Yusuf














Wednesday, August 19, 2009

Aux sombres heros de l`amer

Dans les années 50 Moynaq était une ville prospère d'environ 40 000 habitants. Le revenu principal de la région était la pêche provenant de la mer d'Aral. Une conserverie, employant a l'époque près de 3000 personnes, fabriquait les boites de conserve avec des feuilles d'aluminium provenant de l'Azerbaïdjan, puis mettait en boite le résultat de la pêche.
Vers les années 60, l'URRS décida d'intensifier la production de coton d'Ouzbékistan, du Turkménistan et du Kazakhstan afin de relancer le textile en Russie. Ces champs de coton étant situés dans des régions semi-désertiques, une irrigation importante était nécessaire. Les ingénieurs Russes décidèrent alors de vider consciemment la mer d'Aral en irriguant les champs par le Syr-Daria et l'Amur-Daria, deux fleuves qui alimentent la mer d'Aral. Entre les années 60 et 80 la zone irriguée augmenta de 20% mais le volume d'eau nécessaire doubla.
Entre 1966 et 1993 le niveau chuta de plus de 16m et la cote recula par endroit de plus de 80km. En 1987 s'opéra une séparation entre une petite mer au nord et une plus large au sud. Les deux ports principaux qui était Aralsk au Kazakhstan et Moynaq en Ouzbékistan maintenèrent leur activité de pêche grâce a des canaux navigables jusqu'au début des années 80. Le niveau de la mer continuant de baisser , l'URSS continuant son expansion de la culture de coton, ces canaux furent abondonnes avec l'activité de la pêche.
Aujourd'hui la mer a perdue 80% de sa surface d'origine et le bord de la mer est a plus de 150 km de Moynaq.
Pour parler plus de Moynaq puisque c'est ici que nous avons passé quelques jours, c'est désormais une ville de 8000 habitants d'une désolation écoeurante quand on pense que c'était la capitale de la région la plus prospère de l'Ouzbékistan jusque dans les années 60. Apres l'arrêt de la pêche la conserverie a continué de fonctionner sous l'URSS. Le poisson provenait de la mer Caspienne et était encore mis en boite a Moynaq. Puis après l'éclatement du bloc soviétique elle ferma, ajoutant près de 3000 personnes sans travail, aux plusieurs milliers de pêcheurs sans mer.
Mais il n'y a pas seulement l'arrêt de la moindre activité économique qui frappa Moynaq et sa région, car l'assèchement de la mer d'Aral modifia complètement le climat, ainsi que l'équilibre écologique. L'air est plus sec, les hivers sont plus longs et plus froids et les étés beaucoup plus chauds. Les nappes phréatiques se sont remplies de sel rendant l'eau du robinet imbuvable. Le bilan au niveau de la santé des habitants de la mer d'Aral est catastrophique.
Beaucoup de spécialistes se sont penches sur la réhabilitation de la mer d'Aral. Selon leur prédictions, il faudrait cesser l'irrigation des champs de coton pendant près de 3 ans ou amputer la zone d'irrigation de 70 000 kilomètres carrés. Autrement dit des solutions complètement inenvisagées étant donne l'importance de la culture de coton dans l'économie de l'Ouzbékistan et du Turkménistan. J'en profite pour parler rapidement de la récolte du coton en Ouzbékistan. Pendant les mois de septembre, Octobre et novembre tous les étudiants des universités, lycées et collèges, ainsi que les professeurs sont obliges de partir récolter le coton pour l'État. Seul les universités et écoles de Taschkent sont dispensées. Il faut croire que la culture du coton nécessite systématiquement l'aide de l'esclavage...

Clement


Le cimetiere de bateaux











Thursday, August 13, 2009

No visa

Apres Dysneyland sans Mickey qu`est la ville d`Ashgabat nous voila en Ouzbekistan avec Coen (j`avais ecris son prenom Qun la derniere fois et c`etait une erreure. D`ailleur j`ai mis leur blog en lien) et Maike. Comme ils sont plus prevoyant que nous ils avaient deja contacte des couchsurfeurs a Boukhara qui ont acceptes de nous acceuillir. Et nous voila debarque dans une grosse ferme d`un petit village situe a une bonne dizaines de kilometres du centre de Bukhara. Ce sont les deux fils de la famille (19 et 24 ans) qui parlent anglais et s`etaient inscrits sur couchsurfing pour acceuillir des etrangers. Nous etions leurs premiers invites. Je m`etais dis que`une fois rentre en France, j`acceuillerai mes hotes comme j`ai ete acceuilli dans mon voyage. Ici j`ai du revoir mes intentions a la baisse. Nous avons ete acceuilli comme des rois. La famille produit ses propres fruits, son lait et fait son propre pain dans un Tandor, four qu`on retrouve egalement en Inde. On a bu des jus de cerises, d`abricots et de raisins maisons, goute au lait et pain frais du matin et au gateaux fait pour uniquement a notre intention. Bref acceuil incroyable et tres instructif sur les coutumes Ouzbeques grace a notre traducteur Mirzo.
Cela fait un petit moment, depuis l`Iran en fait, qu`on nous a pose plusieurs la fois la question suivante: comment faire pour venir travailler en Europe?
C`etait le cas de Mirzo et de son frere qui ont ce reve de venir travailler dans notre bonne vieille Europe. Cette question est vraiment derangeante parceque d`une part on ne sait pas vraiment les formalites administratives et les requis necessaires, mais surtout parcequ`on sait que c`est quasiment impossible pour eux. N`est-ce pas injuste de visiter leur pays librement, avec notre monnaie qui nous donne un pouvoir d`achat immense alors que pour eux l`inverse leur est interdit? Ce qui me fait vraiment penser que notre monde ne tourne pas rond et que le systeme economique mondial est vraiment inegalitaire et injuste. Il ne devrait pas y avoir de differences aussi grande entre ces monaies, d`autant que ce systeme monaitaire est completement artificiel et ne vise qu`a creer un desequilbre immoral. Officielement le colonialisme n`existe plus mais quand on dit parfois que les nouvelles guerres sont economiques je pense que c`est totalement vrai. Tous le monde devrait avoir le droit d`aller n`importe ou sur Terre. Dans l`Etat actuel des choses je suis d`accord que c`est impossible, mais ca l`est uniquement parce qu`on maintient economiquement le reste du monde dans une pauvrete qui ne leur laisse pas d`autre reve que venir chez nous. Le jour ou tout le monde aura le meme niveau de vie (et ca ne devrait etre quelque chose de normal et pas seulement utopique), alors oui on pourra ouvrir les frontieres, qui sont de meme completement absurdes quand on reflechi a l`Humanite dans sa globalite. Mais pour ca il n`y a qu`une seule solution. Ecologiquement il semble impossible que tout le monde est la meme qualite de vie que les occidentaux. Alors qui est responsable? Tant qu`en Europe on ne voudra pas voir que notre niveau de vie n`est possible qu`en maintenant le reste du monde dans un etat de pauvrete et tant qu`on ne sera pas prets a envisager la decroissance, alors il est inutile, ridicule et hypocrite de souhaiter la moindre amelioration en dehors de nos frontieres. Le premier pas doit toujours venir de ceux qui en ont les moyens et nous sommes les seuls a en avoir.

Clement